Le 8 mars 2026, les citoyens de Bâle-Campagne

rejette une initiative anti 30 km/h

Un signal politique intéressant pour la Suisse

Le gouvernement de centre droit de Bâle-Campagne mène une politique active en acceptant les demandes de dérogations à 30 km/h de la part des communes traversées par une route cantonale à 50 km/h. Au déplaisir du TCS, de l’UDC et d’une partie du PLR.

Rejet d’une initiative anti-30 km/h (8 mars 2026)

Le 8 mars 2026, les électrices et électeurs du canton de Bâle-Campagne ont clairement rejeté l’initiative « Tempo 30 sur les routes principales – seulement avec l’accord du peuple », lancée notamment par le TCS et soutenue par des partis bourgeois. Le texte a été refusé par 61,5 % des votants. L’initiative visait à durcir fortement les conditions permettant d’introduire le 30 km/h sur les routes cantonales, en exigeant notamment une consultation populaire préalable et l’examen d’autres mesures avant toute réduction de vitesse.

Bâle-Campagne Logo contre le 30 km/h sur les routes cantonale.
Les opposants au 30 km/h pris à leur propre piège. En effet, les voitures équipées d’un détecteur de panneau de limitation de vitesse ralentissaient à l’approche des affiches contre le 30 km/h sur les routes cantonales.
Copie d’écran du site des initiants.

En rejetant cette proposition, le corps électoral a confirmé le cadre actuel, qui permet aux communes de demander une limitation à 30 km/h pour des motifs de sécurité routière ou de protection contre le bruit, la décision finale revenant au gouvernement cantonal sur la base d’expertises techniques.

« Le 30 km/h améliore la qualité de vie dans les centres des localités. Le canton de Bâle-Campagne ne doit pas se priver de cette possibilité. »
Le député vert-libéral Yves Krebs, membre du comité contre l’initiative

Pendant la campagne, les opposants à l’initiative – dont l’ATE, les Verts, les Vert’libéraux, le PS et l’EVP (parti évangélique) – ont souligné que ces limitations ponctuelles peuvent améliorer la qualité de vie dans les localités. « Le 30 km/h apporte davantage de sécurité et de tranquillité sur les axes principaux et peut même améliorer la fluidité de la circulation », rappelait ainsi Simone Meier, co-présidente du VCS beider Basel (ATE Bâle).

Ce vote constitue un signal politique important : il confirme la marge de manœuvre des autorités pour introduire, lorsque cela est justifié, des limitations à 30 km/h sur certains axes structurants, notamment dans les traversées de localité.

Ce vote constitue un signal politique important : il confirme la marge de manœuvre des autorités pour introduire ponctuellement des limitations à 30 km/h sur certains axes structurants, notamment dans les traversées de localité, afin d’améliorer la sécurité routière et de réduire les nuisances sonores.

Un camp bourgeois désuni

1. Une initiative portée par le camp automobile

L’initiative venait essentiellement du TCS et de milieux proches de l’automobile, avec le soutien d’une partie de la droite (notamment UDC et une partie du PLR).

Leur objectif était de freiner la généralisation du 30 km/h sur les routes cantonales, en imposant des conditions plus strictes et une consultation populaire préalable.

2. Un gouvernement opposé à l’initiative

Le point décisif est que le gouvernement cantonal (Regierungsrat) – pourtant dominé par des partis de centre droit (PLR, Centre, PEV) – s’est opposé à l’initiative.

Pourquoi ?

Parce qu’elle aurait retiré de la marge de manœuvre aux autorités pour traiter des problèmes très concrets :

  • bruit routier, enjeu majeur dans les traversées de localités
  • sécurité routière, notamment pour les piétons et cyclistes
  • gestion pragmatique du réseau routier au cas par cas

Le gouvernement estimait que les expertises techniques existantes suffisent pour décider au cas par cas.

Ville de Berne, axe 30 km/h sur une « route ouverte à la circulation générale » à l’approche de la gare (Rue de l’Avenir)

3. Un clivage « pragmatisme contre idéologie »

Du côté des opposants à l’initiative (Verts, PS, Vert’libéraux, EVP (parti évangélique), ATE des deux-Bâle, etc.), l’argument principal était que l’initiative idéologisait un outil technique.

« Il faut maintenant mettre rapidement en œuvre les tronçons à 30 km/h sur les routes cantonales qui ont déjà été autorisés ou demandés. Dans l’intérêt des riverains, des commerces et de l’ensemble des usagers de la route. »
Florian Schreier, secrétaire général du VCS beider Basel (ATE des deux-Bâle)

Ils rappelaient que le 30 km/h sur des axes cantonaux n’est pas une règle générale, mais une mesure ponctuelle, utilisée surtout :

  • dans les traversées de villages
  • pour réduire le bruit
  • ou améliorer la sécurité.

La traversée du village de Bellevue (GE) a été requalifiée afin d’apaiser la circulation et d’améliorer le cadre de vie. La vitesse a été réduite à 30 km/h sur cet axe principal entre 10 et 12 000 v/j, ancienne rute nationale suisse (RN1). De nouveaux arbres structurent l’espace, une piste cyclable sécurise les déplacements à vélo, tandis que le stationnement est organisé sur la berme centrale.. (Rue de l’Avenir)

4. Un signal politique intéressant pour la Suisse

Le résultat assez net du vote montre que les électeurs ont préféré laisser les autorités gérer ces questions de manière pragmatique, plutôt que de restreindre leur capacité d’action.

Le gouvernement cantonal estime que le rejet de l’initiative sur le 30 km/h et de son contre-projet confirme que la population considère la réglementation actuelle comme une solution pragmatique et efficace.
Communiqué de presse du 8 mars 2026

Dans le débat suisse sur le 30 km/h, cela envoie un signal important :

👉 même dans un canton plutôt bourgeois, les électeurs ne souhaitent pas interdire ou compliquer les limitations de vitesse lorsqu’elles sont justifiées par la sécurité ou le bruit routier.

Ce vote constitue un signal politique important : il confirme la marge de manœuvre des autorités pour introduire ponctuellement des limitations à 30 km/h sur certains axes structurants, notamment dans les traversées de localité, afin d’améliorer la sécurité routière et de réduire les nuisances sonores.

Sources : synthèse avec l’aide de ChatGPT de divers sites : canton, ATE, médias