Qu’est-ce qu’une “ville 30” selon le Cerema ?

Une ville est considérée comme ville 30 lorsqu’au moins 70 % de sa voirie est limitée à 30 km/h ou moins, avec seulement quelques axes structurants restant à une vitesse plus élevée. Cette définition inclut les zones piétonnes et zones de rencontre comme faisant partie du régime ≤ 30 km/h.

Le rapport précise que cette mesure ne se limite pas à la signalisation : elle s’inscrit dans un cocktail de mesures qui repensent l’organisation de la circulation, l’espace public et les mobilités.

Principaux bénéfices observés

Sécurité des usagers

Le Cerema et plusieurs synthèses européennes (notamment une revue portant sur 18 villes) montrent des améliorations très nettes en matière de sécurité :

  • 📉 −23 % d’accidents en moyenne.

  • 💀 −37 % de décès sur la voirie urbaine.

  • 🚑 −38 % de blessés (tous modes confondus).

Ces chiffres confirment l’effet protecteur d’une limitation maximale à 30 km/h sur les conséquences des collisions pour tous les usagers, notamment les piétons et cyclistes.

Qualité de vie et partage de l’espace public

Le passage en ville 30 :

  • Favorise la cohabitation entre les différents usagers (marcheurs, vélos, transports publics et véhicules motorisés).

  • Encourage une présence plus forte des piétons dans l’espace public (sentiment accru de sécurité).

  • Facilite l’accessibilité aux arrêts de transport en commun.

Plusieurs retours d’expérience montrent que l’abaissement des vitesses n’est pas seulement un régime de limitation, mais un vecteur d’amélioration du cadre de vie au quotidien.

Ville 30, résulttas Grenoble Alpes Métropole

Santé et environnement

Lorsque cette nouvelle règle de circulation s’accompagne d’un report modal vers les modes actifs et les TC, plusieurs effets positifs se manifestent :

  • Réduction des émissions polluantes (moins de carburant consommé dans les cycles d’accélération/décélération).

  • Diminution du bruit.

  • Potentiel accroissement de l’activité physique des habitants (marche, vélo).

Le Cerema note que ces bénéfices sont particulièrement visibles là où la circulation motorisée ralentit réellement, ce qui favorise un meilleur partage des rues avec les modes doux.

Plus d’études du Cerema (2024)

Effet d’entraînement sur les politiques publiques

Le rapport montre aussi que la ville 30 :

  • Encourage la révision de la hiérarchisation du réseau routier (fonction des rues davantage orientée vers les usages locaux et la vie de quartier).

  • S’accompagne souvent d’un renforcement de l’offre pour la marche et le vélo.

Ce changement n’est donc pas seulement technique, mais politique et stratégique, en s’inscrivant dans une vision globale de mobilité durable.

Contexte européen 

Le rapport Cerema contient une synthèse relève également des résultats similaires dans plusieurs villes européennes :

  • Dans une revue de 40 villes européennes :

    👉 Réduction moyenne de 23 % des accidents.

    👉 18 % de baisse des émissions.

    👉 −2,5 dB de bruit dans l’espace public.

    👉 −7 % de consommation de carburant.

Ces chiffres confirment que les bénéfices des villes 30 dépassent les frontières françaises et s’inscrivent dans une tendance européenne forte.

Région Bruxelles Capitale. Résultats très probants (Bruxelles Mobilité)

Conclusion

Le rapport Ville 30 du Cerema montre que généraliser la limitation à 30 km/h dans les zones urbaines :

  • Contribue à sécuriser efficacement la circulation.

  • Améliore le cadre de vie et favorise les mobilités actives.

  • Produit des bénéfices mesurables pour la santé et l’environnement.

  • S’inscrit dans une stratégie de mobilité plus durable.

Ces résultats chiffrés illustrent bien le succès de la ville 30, au-delà d’une simple formule — ils montrent une transformation positive des espaces de vie et des pratiques de mobilité pour tous.

Source : étude du Cerema Villes 30 en Europe