Depuis le 1er janvier 2026, la Grèce a introduit une réforme majeure de son code de la route :
dans la plupart des rues urbaines, la vitesse maximale est désormais limitée à 30 km/h.
Avec cette décision, Athènes rejoint un nombre croissant de pays qui considèrent cette vitesse comme la norme pour protéger les habitants des villes, réduire les accidents et améliorer la qualité de vie.
Une réforme du Code de la route
Principales mesures
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Rationaliser et simplifier les sanctions, en les reliant à la gravité et à l’ampleur des infractions.
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Sanctionner les conducteurs plutôt que les véhicules, en particulier en cas de récidive.
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Déployer massivement des caméras de contrôle (4 000) pour les principales infractions : excès de vitesse, absence de casque, non-port de la ceinture de sécurité et utilisation du téléphone au volant.
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Mettre en place une gestion numérique des amendes
- Autoriser la remontée des files par les deux-roues et introduire des zones d’arrêt avancées aux feux (sas), notamment pour les motos et les cyclistes.
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Introduire une limitation de vitesse à 30 km/h dans l’ensemble des rues urbaines à une ou deux directions comportant une voie par sens, faisant de la Grèce le deuxième pays de l’Union européenne après l’Espagne à adopter cette règle (dès le 1ᵉʳ janvier 2026).
La mesure résulte d’une révision complète du Code de la route grec, adoptée par le Parlement en 2025 et entrée en vigueur le 1er janvier 2026.
Le principe est simple : dans les centres urbains, la vitesse par défaut devient 30 km/h.
La règle s’applique en particulier :
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aux rues à sens unique
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aux rues à une voie par sens
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aux rues locales et résidentielles
Les autorités grecques ont toutefois prévu des exceptions pour certains axes structurants. Sur les grandes artères urbaines disposant de plusieurs voies par sens ou d’un terre-plein central, la limite peut rester fixée à 50 km/h. Cette disposition est reprise du modèle espagnol de 2021.
Cette logique – 30 km/h comme règle générale et 50 km/h comme exception – a déjà été adoptée dans plusieurs pays européens ces dernières années.
Singularité grecque
1️⃣ Décision d’un gouvernement conservateur
La réforme a été adoptée par le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis.
Cela montre que le 30 km/h n’est pas seulement une mesure « écologiste » ou de gauche, mais une politique nationale de sécurité routière.
2️⃣ Une stratégie nationale
Contrairement à beaucoup de pays, la Grèce ne laisse pas la décision uniquement aux villes ou régions.
La règle est fixée au niveau national, ce qui simplifie énormément l’extension.
Améliorer la sécurité routière
La réforme s’inscrit dans une stratégie nationale de sécurité routière.
La Grèce reste en effet parmi les pays européens les plus touchés par les accidents de la route.
Selon les experts qui ont préparé la réforme, la généralisation du 30 km/h pourrait sauver plus d’une centaine de vies chaque année, en particulier dans les zones urbaines où se concentre la majorité des accidents impliquant des piétons.
La réduction de la vitesse devrait également contribuer à :
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diminuer la gravité des accidents,
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réduire le bruit routier,
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améliorer la qualité de l’air dans les quartiers habités.
La réforme prévoit aussi un renforcement des contrôles et l’installation progressive de caméras de surveillance de la circulation afin d’améliorer le respect des limitations.
Pour favoriser le respect des nouvelles règles, les amendes ont été considérablement augmentées, parfois jusqu’à 8000 euros. Lire (en anglais) le Code de la route grec-amendes.
Une tendance internationale
La Grèce n’est pas un cas isolé. Plusieurs pays ont récemment adopté des mesures similaires.
En Europe, la généralisation du 30 km/h a déjà été décidée :
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en Espagne (depuis 2021)
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au Pays de Galles (2023)
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en Écosse, où la réforme est en cours.
Aux Pays-Bas, environ 75 % des rues urbaines sont déjà limitées à 30 km/h, ce qui en fait de facto un « pays à 30 ». Le Parlement néerlandais s’est prononcé en faveur d’une généralisation progressive de cette vitesse dans les villes.
Dans d’autres régions du monde, plusieurs pays ont également franchi le pas :
Ces décisions témoignent d’un changement profond dans l’approche de la sécurité routière : dans les zones où cohabitent piétons, cyclistes et automobilistes, la vitesse doit être adaptée à la vulnérabilité des usagers.
Les Nations Unies soutiennent le 30 km/h en ville
Les politiques de généralisation du 30 km/h s’inscrivent dans un mouvement international encouragé par les organisations de santé et de sécurité routière.
Dans le cadre de la Décennie d’action pour la sécurité routière, l‘assemblée générale des Nations Unies le 30 août 2020 et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommandent d’adopter 30 km/h comme vitesse maximale dans les zones urbaines où les usagers vulnérables sont nombreux.
Selon l’OMS, le risque de décès pour un piéton heurté par une voiture est cinq fois plus élevé à 50 km/h qu’à 30 km/h.
Pour promouvoir cette approche, l’ONU a lancé une campagne mondiale(en anglais et en espagnol) appelant les villes et les États à adopter la limitation à 30 km/h dans les zones habitées, afin de réduire les accidents, le bruit et les nuisances liées à la circulation.
Source : Synthèse avec l’aide de ChatGPT de différentes sources dont
À télécharger : Présentation des modifications du Code de la route grec, notamment les amendes par le prof George Yannis (en anglais)






