De Lisbonne à Oslo, d’Athènes à Cardiff, l’Europe continue de ralentir pour mieux protéger ses habitants
Le Portugal pourrait devenir l’un des prochains pays européens à réduire la vitesse maximale en ville de 50 à 30 km/h. Face à une hausse préoccupante des accidents, le gouvernement portugais a annoncé vouloir réviser le Code de la route et étudie une généralisation du 30 km/h en milieu urbain, accompagnée d’un renforcement des contrôles.
Aujourd’hui limitée à 50 km/h en agglomération, la vitesse pourrait donc être abaissée dans une logique de sécurité routière, de protection des piétons et de réduction du bruit. Le débat n’est pas propre au Portugal : partout en Europe, les villes et les États avancent – avec des approches différentes – vers des vitesses plus compatibles avec la vie urbaine.
Le Portugal veut changer de braquet
Le signal envoyé par Lisbonne est fort. Le gouvernement portugais justifie cette réforme par une hausse inquiétante de l’accidentalité routière. Entre janvier et mi-avril 2026, près de 45 000 accidents ont été recensés dans le pays, provoquant 147 décès et plus de 650 blessés graves.
Les autorités portugaises pointent trois causes principales : la vitesse excessive, l’alcool au volant et l’usage du téléphone portable. Leur réponse ne se limite pas au 30 km/h : davantage de radars, des contrôles policiers renforcés, des sanctions plus rapides et la réactivation de la brigade de circulation figurent également dans le paquet de mesures.
Le Portugal regarde clairement ce qui se fait ailleurs en Europe. Une étude menée dans une quarantaine de villes européennes a montré qu’un passage au 30 km/h permettait en moyenne une baisse de 23 % des accidents, de 37 % des décès et de 38 % des blessés.
« Face à l’augmentation des accidents, le Portugal cherche à changer de braquet en matière de sécurité routière. »
— Portugal.fr, avril 2026
Pour aller plus loin : une tendance européenne de fond
Espagne : pionnière à l’échelle d’un pays
Depuis 2021, l’Espagne impose le 30 km/h comme règle générale sur les rues à une seule voie par sens de circulation. Il s’agit de l’une des réformes les plus ambitieuses d’Europe, appliquée à l’échelle nationale.
L’objectif était clair : réduire la mortalité urbaine et adapter la ville aux piétons et cyclistes. Plusieurs villes espagnoles avaient d’ailleurs anticipé cette réforme.
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Bilbao, Pays basque, a reçu le Prix Rue de ‘Avenir pour avoir réussi la mise en place du 30 km/h généralisé, sans aucune exception.
Pays-de-Galles : une réforme nationale qui fait débat, mais produit des résultats
Depuis septembre 2023, le Pays-de-Galles a abaissé la vitesse par défaut de 30 mph à 20 mph (32 km/h) sur de nombreuses rues galloises.
La mesure a suscité de fortes oppositions politiques et médiatiques. Pourtant, les premiers résultats montrent une baisse significative des accidents et des blessés graves. Le gouvernement gallois poursuit désormais des ajustements ciblés sans revenir sur le principe.
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Greece : le retour spectaculaire de la sécurité routière
La Grèce prévoit d’introduire dès 2026 le 30 km/h comme vitesse par défaut dans de nombreuses rues urbaines.
Le pays veut rattraper son retard en matière de sécurité routière et s’inspire des recommandations européennes et de l’ONU. La réforme inclut aussi davantage de contrôles automatisés.
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Norvège : ralentir dans le pays le plus sûr d’Europe
La Norvège déjà championne européenne de la sécurité routière envisage d’étendre davantage le 30 km/h dans les zones urbanisées.
Le message est intéressant : même les pays les plus performants considèrent qu’ils peuvent encore progresser.
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Écosse : une approche pragmatique
L’Scotland généralise progressivement les zones 20 mph, y compris dans de nombreuses petites villes et localités rurales.
Le guide national écossais montre que la mesure n’est pas réservée aux centres-villes denses : elle concerne aussi les traversées de villages et les rues résidentielles.
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Pays-Bas : le pays du vélo accélère… le 30 km/h
Aux Pays-Bas, plusieurs villes veulent faire du 30 km/h la norme sur près de 80 % du réseau urbain.
L’objectif n’est pas uniquement la sécurité : il s’agit aussi de mieux intégrer vélo, marche et transports publics dans des rues plus apaisées.
→ Voir la page Rue de l’Avenir sur les Pays-Bas

Amsterdam, rue cyclable à 30 km/h le long d’une voie de tram. Après avoir apaisé la circulation dans tous les quartiers d’habitation, Amsterdam s’attaque maintenant aux axes principaux. (Rue de l’Avenir en août 2022).
Un objectif européen clair : diviser par deux les décès routiers
L’accélération des politiques de réduction de vitesse en Europe ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie européenne Vision Zero, portée par la Commission européenne.
L’Union européenne s’est fixé un objectif ambitieux : réduire de moitié le nombre de morts et de blessés graves sur les routes d’ici 2030, avant d’atteindre zéro décès à l’horizon 2050.
Face à cet objectif, plusieurs États comprennent que les campagnes de prévention ne suffiront pas. La réduction de la vitesse en ville apparaît comme l’un des leviers les plus rapides, les moins coûteux et les plus efficaces pour protéger piétons, cyclistes et usagers vulnérables.
Le Portugal s’inscrit donc dans une dynamique beaucoup plus large : celle d’une Europe qui cherche à rendre ses rues plus sûres — pendant que certains acteurs suisses continuent de défendre un modèle routier du passé.
Pendant ce temps, la Suisse regarde dans le rétroviseur…
Cette dynamique européenne contraste fortement avec la situation suisse actuelle.

Genève – Rue de Chantepoulet : Mise à 30 km/h d’un axe principal (30 000 v/j) et élargissement de la voie cyclable et bus (Rue de l’Avenir)
Le Touring Club Suisse (TCS), plusieurs partis conservateurs et le Conseil fédéral suisse mènent actuellement une offensive coordonnée contre le 30 km/h sur les axes structurants — alors même que cette possibilité est soutenue par le Bureau de prévention des accidents lorsque la fonction sociale de la rue domine.
Même logique en Italie, où le ministre Matteo Salvini a modifié le Code de la route pour compliquer l’introduction de nouvelles zones 30.
Mais la Suisse n’est pas monolithique.
Le canton de Bâle-Ville poursuit une politique ambitieuse visant à étendre le 30 km/h sur une large partie de son réseau, y compris sur des axes principaux.
La ville de Berne continue également son extension progressive du réseau des axes 30.
Et à Genève, la justice de deuxième instance a récemment annulé une décision favorable aux opposants au 30 km/h, ouvrant la voie à la mise en œuvre de mesures sur près de 300 axes et zones 30.
Autrement dit : même en Suisse, le réel finit par rattraper l’idéologie.
Conclusion
Le Portugal n’a pas encore adopté définitivement le 30 km/h généralisé en ville. Mais le simple fait qu’un gouvernement national envisage cette évolution montre à quel point le débat a changé en Europe.
La question n’est plus de savoir si les villes doivent ralentir.
La vraie question est désormais : à quelle vitesse la Suisse acceptera-t-elle de rejoindre ce mouvement européen ?
Car une rue plus lente est rarement une rue qui recule. C’est souvent une rue où la vie reprend sa place.
Source : Portugal.fr
Synthèse avec de ChatGPT




