Ouf, nous avons réussi! Grâce à la mobilisation de l’ATE, d’Actif-trafiC, des communes, des villes et d’autres organismes, le Conseil fédéral renonce à restreindre fortement le 30 km/h sur les routes principales en localité.

Avec l’ordonnance sur le 30 km/h adoptée le 12 août 2026, le Conseil fédéral renonce à privilégier les revêtements phonoabsorbants par rapport au 30 km/h. (Photo ATE Suisse)
Pour l’ATE Association transports et environnement, cette décision est positive pour la sécurité routière et la protection de la santé. Les villes et les communes pourront ainsi continuer à miser sur le 30 km/h plutôt que de devoir commencer par poser de coûteux revêtements dont l’efficacité contre le bruit diminue rapidement et qui ne résolvent aucun problème de sécurité.
Mise à jour 7 octobre 2026 – Genève abroge sa loi sur le 50 km/h
Le recul du Conseil fédéral a déjà une conséquence concrète à Genève. Vendredi 2 octobre, le Grand Conseil a abrogé, par 50 voix contre 47, la loi 13204, qui voulait imposer plus largement le 50 km/h sur les axes structurants et restreindre ainsi la possibilité d’y maintenir ou d’y introduire le 30 km/h.
La gauche, Le Centre et Libertés et Justice sociale ont voté pour l’abrogation, tandis que le PLR, le MCG et l’UDC s’y sont opposés.
Voir le vote nominal en pdf et la vidéo de la séance, le vendredi 2 octobre 2026 dès 16h22.Cette loi faisait l’objet d’un référendum. L’abrogation de la loi rend celui-ci caduc : la votation cantonale prévue au printemps 2027 n’aura donc pas lieu.
La décision genevoise intervient après l’abandon par le Conseil fédéral de la principale mesure de durcissement envisagée au niveau fédéral : l’obligation de privilégier les revêtements phonoabsorbants avant d’abaisser la vitesse pour lutter contre le bruit. « Pour l’essentiel, les cantons et les communes conservent donc les possibilités dont ils disposaient précédemment pour mettre en place le 30 km/h sur les axes principaux, moyennant une expertise. »
L’ordonnance reste néanmoins problématique. Les nouvelles règles compliquent l’instauration du 30 km/h par les villes et les communes sur les routes dangereuses ou fortement exposées aux nuisances, alors même que cette mesure a fait ses preuves en matière de sécurité et de protection contre le bruit dans les localités. «Le ministre des transports Albert Rösti maintient son diktat fédéral et des obstacles inutiles», déclare David Raedler, coprésident de l’ATE Suisse. «Il restreint ainsi inutilement la marge de manœuvre des cantons et des communes et accepte une hausse du nombre d’accidents.»

La traversée du village de Bellevue (GE) a été requalifiée afin d’apaiser la circulation et d’améliorer le cadre de vie. La vitesse a été réduite à 30 km/h sur cet axe principal. (Rue de l’Avenir)
Les villes et les communes auraient été mises sous tutelle et en auraient supporté les coûts
Aujourd’hui, le 30 km/h est appliqué avec succès pour réduire simultanément le bruit, améliorer la sécurité et la fluidité du trafic ainsi que la qualité de vie de la population riveraine. L’ordonnance adoptée aujourd’hui empiète donc fortement sur cette marge de manœuvre.
Les communes et les villes connaissent les endroits critiques et sont les mieux placées pour déterminer où le 30 km/h protège efficacement la population. Elles assument la responsabilité de garantir la sécurité – par exemple sur le chemin de l’école – et de rendre les centres urbains et villageois attractifs, et prennent leurs décisions de manière réfléchie et proportionnée. Des prescriptions supplémentaires imposées depuis Berne compliquent inutilement la mise en œuvre de solutions adaptées aux réalités locales.
Une preuve supplémentaire dans l’expertise requise¹
À l’avenir, l’expertise requise à l’appui d’un abaissement de vitesse souhaité devra aussi démontrer que la mesure n’entraînera aucun report de circulation indésirable sur des routes d’intérêt local. En effet, la proposition en ce sens a été largement approuvée par les participants à la consultation.
On relèvera que cette exigence ajoutée à l’ordonnance fédérale figure déjà dans l’expertise obligatoire pour mettre en place un axe 30.
Sources :
- communiqué de l’ATE Suisse du 12 août 2026
- ¹communiqué du Conseil fédéral du 12 août
- photos : ATE Suisse et Rue de l’Avenir
Pour aller plus loin
Après l‘Espagne en 2021, les Pays-Bas, le Pays-de-Galles, l’Ile Maurice, le Mexique et le Pérou
- Japon : le 30 km/h devient la règle sur les 870 000 km de rues locales
- Norvège, vers le 30 km/h comme norme urbaine
- La Grèce adopte le 30 km/h généralisé dans les zones urbaines
- Écosse : le 30 km/h devient la norme, en ville comme dans les villages
et
Le thème villes et pays à 30
