Un plafonnement des vitesses, maintenant demandent les associations environnementales et de transports allemandes
De Berlin à Berne, la justice et la société civile pointent le même angle mort : les transports restent le maillon faible des politiques climatiques.
En Allemagne, un arrêt historique contraint l’État à revoir ses plans. En Suisse comme outre-Rhin, les gouvernements fédéraux freinent pourtant encore l’action des villes sur les axes majeurs – précisément là où le 30 km/h sauverait le plus de vies. Une contradiction de plus en plus difficile à justifier.

Louvain, en Flandre occidentale, va encore plus loin, les zones 30 sont également des zones cyclables.
À Louvain, comme le montre le logo au sol, les cyclistes ne doivent pas être dépassés dans les zones 30 (Rue de l’Avenir)
Un arrêt climatique majeur en Allemagne
Le Tribunal administratif fédéral allemand a rendu un arrêt historique en donnant raison à la Deutsche Umwelthilfe (DUH) dans son recours contre le gouvernement fédéral allemand.
La plus haute juridiction administrative du pays estime que le programme fédéral de protection du climat ne respecte pas les exigences minimales de la loi, faute de mesures concrètes, efficaces et immédiatement opérationnelles pour atteindre les objectifs climatiques.
Le message est clair : les objectifs climatiques ne peuvent plus rester déclaratifs. Les gouvernements sont désormais tenus de démontrer, preuves à l’appui, comment ils entendent réduire réellement les émissions de gaz à effet de serre – notamment dans le secteur des transports, l’un des plus problématiques.
« Le programme climatique actuel ne satisfait pas aux exigences minimales prévues par la loi. »
Tribunal administratif fédéral allemand
Cet arrêt ne concerne pas seulement le programme actuel : il s’impose aussi aux futurs plans climatiques, qui devront intégrer des mesures structurelles crédibles et mesurables.
Les demandes fortes d’une large coalition environnement–transports
Dans la foulée du jugement, une coalition inédite d’associations environnementales, de transports, sociales et de défense des victimes d’accidents a pris position publiquement.
Son message est sans ambiguïté : le plafonnement des vitesses doit devenir un pilier central de la politique climatique allemande.
La coalition demande explicitement :
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un plafonnement général des vitesses sur les autoroutes,
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une limitation à 80 km/h hors localités,
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le 30 km/h comme vitesse de référence en localité.
Pourquoi ces mesures ? Parce qu’elles sont simples, rapides à mettre en œuvre, peu coûteuses et immédiatement efficaces.
« Le plafonnement des vitesses est la mesure de protection du climat la plus efficace dans les transports : elle agit immédiatement et ne coûte presque rien. »
Coalition d’associations environnementales et de transportsLire la lettre ouverte au gouvernement fédéral allemand : Lettre ouverte F
Selon l’Agence fédérale allemande de l’environnement, le potentiel de réduction atteint jusqu’à 11,7 millions de tonnes de CO₂ par an.
Mais au-delà du climat, ces mesures sont aussi essentielles pour la sécurité routière : une limitation à 120 km/h sur autoroute permettrait de réduire de 35 % les accidents mortels, et l’extension du 30 km/h en ville sauverait des centaines de vies chaque année.
Une dynamique juridique européenne plus large
L’arrêt allemand s’inscrit dans une évolution européenne de fond, où les juridictions rappellent aux États leurs responsabilités climatiques.
En 2024, la Cour européenne des droits de l’homme a donné raison à l’association des Aînées pour le climat, estimant que la Suisse ne protégeait pas suffisamment ses citoyennes et citoyens face aux effets du dérèglement climatique.
Aux Pays-Bas, des décisions plus anciennes — notamment dans l’affaire Urgenda — avaient déjà contraint l’État à relever concrètement son ambition climatique, en imposant des réductions d’émissions juridiquement contraignantes.
Ces décisions convergent vers un même constat : l’inaction climatique n’est plus juridiquement acceptable, et le secteur des transports, principal émetteur en Europe, ne peut plus être exempté de mesures structurelles.
Conclusion – Un signal fort pour la Suisse aussi
Pour Rue de l’Avenir, cet arrêt allemand est un signal politique et juridique majeur.
Il confirme ce que de nombreuses villes et associations défendent depuis des années : réduire les vitesses, c’est agir à la fois pour le climat, la santé publique, la sécurité routière et la qualité de vie.

Zone 30 à Séville en 2018, avant la généralisation du 30 km/h en Espagne en 2021. Aujourd’hui, toutes les rues urbaines d’Espagne sont à 30 km/h, sauf les axes à voies multiples à 50 km/h et les rues sans trottoirs à 20 km/h (Rue de l’Avenir)
Alors que la Suisse débat encore de la place du 30 km/h et des marges de manœuvre des communes, la justice européenne montre la voie :
👉 les mesures simples, efficaces et éprouvées doivent être mises en œuvre sans attendre.
Le plafonnement des vitesses n’est ni idéologique ni punitif.
C’est un outil rationnel, juste et immédiatement disponible pour répondre à l’urgence climatique et sauver des vies.
Sources :
- DHU Deutsche Umwelthilfe
- Synthèse avec l’aide ChatGPT



