L’implication de la crise sanitaire sur les transports collectifs

Le défi est titanesque : limiter la densité à un voyageur au mètre carré, quand la densité moyenne en période normale est de quatre personnes au mètre carré et peut monter au-delà de huit en heure de pointe.

A noter que la distance de sécurité est de 1 mètre en Autriche et en France, de 1,5 m en Allemagne et de 2 m en Suisse. Ce dernier chiffre apparait irréaliste pour les transports publics. A noter que les schémas ci-dessous de la RATP suivent la norme française de 1 m2 par personne, en Suisse ce sera 2 m2 par personne !

Distanciation de sécurité

Avec la distanciation de sécurité, la fréquentation sera drastiquement abaissée

La capacité des transports collectifs en forte baisse

La capacité des transports publics en très forte baisse

L’exemple parisien

En Ile-de-France, où le virus circule encore activement et où, d’ordinaire, 5 millions de personnes se croisent chaque jour dans les gares et les couloirs du métro, la nécessité de limiter les déplacements prend encore plus de sens. Car la RATP a beau annoncer une offre de 75 % sur le réseau dès lundi, la SNCF promettre 60 % des trains du quotidien, et Transdev 60 % de ses bus, avec l’objectif d’atteindre 100 % dès que possible, les impératifs sanitaires limitent drastiquement le nombre de places. Ainsi, dans un bus, seulement une vingtaine de personnes, contre 80 à 100 en temps normal, pourront, en théorie, monter. Un métro ne devrait circuler qu’avec 180 passagers à bord, contre 800 avant la crise. Au total, la capacité d’utilisation du réseau ne sera que de 15 à 20 % selon le Monde du 10 mai 2020.

L’exemple de Milan

La distance de sécurité est indiquée dans le métro de Milan (image ville de Milan)

« Notre métro transportait environ 1 400 000 personnes chaque jour. Afin de maintenir la distance d’un mètre, tout en mettant le service maximum, comme au milieu de la saison hivernale, ce chiffre devra descendre à 25-30%” indique l’adjoint au Maire Marco Graneli dans un post sur les réseaux sociaux, cité par BikeItlia.it.

Près d’un million de Milanais devront faire autrement : télétravail, mobilité douce ou voiture privée

Pendant ce temps à Genève…

Rémy Pagani, l’élu en charge de la mobilité en Ville de Genève, indique être en parfaite harmonie avec l’impulsion cantonale en faveur des alternatives à la voiture qu’entend donner le conseiller d’État Serge Dal Busco, le patron des Infrastructures.

«L’une des priorités consiste à favoriser activement les mobilités douces, de manière à compenser en partie la capacité réduite des transports collectifs et à éviter un report massif vers la voiture individuelle», résumait jeudi 30 avril le conseiller d’État. Et de préciser que les Transports publics genevois (TPG) ne seront pas en mesure de transporter plus que 40% du nombre usuel de passagers nous informe la Tribune de Genève du 9 mai 2020.

Le défi  est titanesque

Le rapport annuel des TPG 2018 indique que 590 000 personnes sont montées à bord des bus et trams. cela signifie donc que 350 000 de ces personnes devront trouver une alternative aux transports publics si l’on prend le ratio 40 / 60 : voiture, marche à pied, vélo, trottinette ou télétravail.

Les Français et Italiens indiquent que la capacité sera de 15 à 30% avec une personne par mètre carré, avec port de masque obligatoire.

Dans la pratique, les Suisses paraissent les plus sévères avec 2 m2 par voyageurs. Dans la réalité, la norme suisse n’est pas appliquée, aux heures creuses on ne voit par exemple qu’environ 20% des voyageurs avec un masque et l’espace occupé est d’environ une personne par mètre carré et non une personne pour 2 mètres carrés. Tous les sièges sont assez rapidement occupés dès que la fréquentation augmente.

Sources : Le Monde, la RATP, la Tribune de Genève, la Ville de Milan les TPG, et BikeItalia.it