Bilbao 100% à 302021-05-09T12:46:35+02:00

Bilbao met 100% de ses rues à 30 km/h

Bilbao devient la première ville au monde, avec une population de plus de 300 000 habitants, à établir le 30 km/h sur l’ensemble de son territoire urbain. 

Mise à jour mai 2020

Signal trilingue du 30 généralisé

La mairie de Bilbao célébre la 21e édition de la Semaine européenne de la mobilité de mercredi 16 au mardi 22 septembre 2020, et en profite pour introduire le 22 septembre 2020 la limitation de vitesse de 30 km/h dans toutes les rues de la ville sur les 41,43 km2 de son territoire communal, sans exception à 50 km/h.

Ainsi, Bilbao devient la première au monde de plus de 300 000 habitants à limiter la vitesse  à 30 km/h sur toutes les routes de son territoire municipal, comme l’a souligné à El Correo  le maire adjoint et conseiller pour la mobilité et la durabilité, Alfonso Gil

Bilbao avait déjà mis en œuvre la réduction de la vitesse maximale à 30 km/h dans 87 % de ses 477 km rues en juin 2018 – le reste des rues avaient une vitesse maximale de 50 km/h- et elle a maintenant décidé d’étendre la mesure à la totalité des rues.

En bleu les axes 50 km/h qui passe à 30 km/h le 22 septembre 202

L’adjoint au Maire, Alfonso Gil a souligné qu’il s’agissait d’une mesure « convenue avec tous les groupes politiques » du conseil municipal et qu’il est prévu qu’il y ait « moins d’accidents, moins de pollution et de gaz à effet de serre, et moins de bruit ». Un seul décès en moins – a-t-il ajouté – cela en vaudra la peine ».

Contrôles

Pousser l’accélérateur trop fort peut coûter cher à Bilbao dès mardi 22 septembre. Afin de contrôler que les conducteurs respectent ces limites, le Conseil municipal va en effet installer davantage de radars pour traquer les contrevenants.

Les amendes iront de 100 à €600.- et jusqu’à 6 points de moins sur le permis  à point.

 

Campagne de sensibilisation bilingue en septembre 2020 Image de Elcorreo.com

Part modale de la marche à pied de 60%

Bilbao est la première ville de plus de 300 000 habitants à généraliser la limitation de la vitesse à 30 km/h à l’échelle de la commune toute entière. C’est un fait. Mais finalement cela est presque logique aux vues de la configuration de cette dernière. Rappelons quelques chiffres : la ville ne dépasse pas les 40 km2 de superficie, et affiche une densité moyenne de plus de 8.000 habitants au km2.

Une densité moyenne qui affole les compteurs dans certains quartiers au nord du Nervión avec plus de 40.000 bilbaíno/as partageant le même kilomètre carré ! C’est surement pour cette raison que la capitale de Biscaye peut s’enorgueillir de dépasser les 60% de part modale pour la marche à pied… nous dit Julien Labaca sans son article « Bilbao, la ville qui aime les piétons« .

Photo de Julien de Labaca

Premier bilan après l’introduction du 30 km/h généralisé : moins de blessés avec  88% des automobilistes qui respectent le 30 km/h.

En effet selon le conseiller pour la mobilité et la durabilité de Bilbao, Alfonso Gil, avant de fixer la limite, près de 57% des véhicules circulant à Bilbao roulaient à moins de 30 km/h, alors qu’aujourd’hui, près de 88% le font.

Par rapport à l’année dernière, on constate également une réduction des accidents. De 13 accidents en 2019 à 4 en 2020, le nombre d’accidents est passé de 57 à 32 et le nombre de blessés de 70 à 36. Il y a eu plus d’accidents avec dommages matériels, de 74 à 85. « Il y a plus d’accidents avec des tôles et moins de blessés parce que les véhicules entrent en collision à des vitesses plus faibles« , a déclaré M. Gil.

Cinq semaines après la mise en œuvre de la mesure, l’élu a constaté que 1,85 % de véhicules en moins sont entrés dans la ville (soit quelque 10 214 de moins) depuis l’introduction de la limite de vitesse et qu’il y a eu 0,92 % de véhicules en moins dans les rues de la ville.

Source : abc du 10 novembre 2020

Bilabo : porte de la ville à 30 Source Expansion

La mobilité verticale, vecteur d’un pacte intergénérationel 

Sur sont site, le Facilitateur de mobilité, Julien de Labaca présente un aspect de Bilbao inédit dans son article « Bilbao la ville qui aime les piétons » : la mobilité verticale.

La ville à 30 km/h c’est un tournant majeur, tout autant qu’une décision politique importante. Mais ca n’est finalement que la suite logique de tout le processus engagé par la capitale économique du Pays Basque depuis plusieurs années pour remettre le piéton au centre de la conception des espaces publics. Et à ce sujet, existe-t-il une meilleure illustration que l’incroyable développement de la mobilité verticale à travers la ville.

Mobilité verticale à Bilbao. Photo Julien de Labaca

En partant découvrir une partie des presque 50 ascenseurs ou encore 20 escaliers et rampes mécaniques que compte la ville, j’ai fait la rencontre de Maria Carmen. Sur la dernière marche d’un escalator, cette habitante du quartier de Begoña qui du haut de ses 78 ans, n’a jamais quitté “sa butte” me l’a confirmé : elle ne se déplace qu’à pied pour l’ensemble de ses besoins du quotidien. Et pourtant, pour rejoindre ce que certains habitants appellent encore le “pueblo de altura” (village en hauteur), il faut être armé de courage. Hissé à plus de 150 mètres au dessus du niveau de la mer, le quartier de Begoña se mérite ! Mais Maria Carmen, (qui fait partie des 24% de la population de Bilbao de plus de 65 ans) a une botte secrète qui l’aide sacrément dans son quotidien : elle est une adepte des escalators, ascenseurs et autres rampes mécaniques.

Ces équipements, parfaitement intégrés dans l’espace urbain, sont accessibles 24h/24, gratuits, et peuvent être utilisés tant par les habitants que les visiteurs. Pas étonnant qu’en 2019, ils aient déplacé près de 25 millions de personnes… plus que certains réseaux de transports publics de villes moyennes. Une mobilité verticale qui ne fait pas du tout partie du passé de la ville : la municipalité continue à inaugurer de nombreux projets (le dernier date de Janvier 2021) et planifie plusieurs nouvelles constructions. Comme l’évoque Alfonso Gil, ces équipements ne sont pas seulement des infrastructures, ils sont pour tou.te.s les bilbaínas/os une possibilité de sortir de chez eux “même lorsqu’ils ont 300 marches à franchir pour aller acheter leur baguette de pain”!

Que ce soit au travers de la ville 30 ou par le déploiement d’outils au service des citoyens, Bilbao sait depuis la début de son vaste programme de rénovation urbain offrir des solutions pragmatiques aux habitants, qui peuvent plus facilement et sereinement se déplacer à pied.
Et il ne faut pas s’y tromper, on ne parle pas là uniquement d’urbanisme, c’est d’une culture de l’espace public dont il s’agit, avec en filigrane “un pacte intergénérationnel” dont ont besoin toutes les villes pour se développer.

Pour aller plus loin

Sources: 

Affiche de sensibilisation au 30 km/h de 2018 lorsqu’il restait 13% de rues à 50 km/h

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