Lausanne: essai de 30 km/h la nuit

Lausanne 30 kmh la nuit 28 1

Réduire les vitesses de circulation en milieu urbain contribue à réduire les nuisances sonores liées à la circulation et, par là-même, d’améliorer la qualité de vie des citadins. L’expérience de limitation nocturne des vitesses à 30 km/h en 2017 sur les avenues de Beaulieu et Vinet à Lausanne en est un exemple très encourageant !

Une expérience-pilote inédite en Romandie

Entre les mois de mai à octobre 2017, la ville de Lausanne et le canton de Vaud ont mené conjointement la première étape d’une expérience innovante en Suisse Romande, à savoir la limitation nocturne des vitesses à 30 km/h sur les avenues de Beaulieu et Vinet. Ces deux avenues, qui font partie du réseau routier structurant de la ville, traversent des quartiers d’habitation à forte densité et supportent des charges de trafic journalières non négligeables, de l’ordre de 17’000 sur l’avenue de Beaulieu et de 11’000 véh/j sur l’avenue Vinet, dont environ 10 à 12% pendant la nuit. Comme les façades des bâtiments qui les bordent sont, le plus souvent, très proches de la route, les riverains sont directement exposés au bruit routier.

Bruit routier test d'un 30 km/h nocturne à Lausanne

Durant la période d’essai précitée, des panneaux de signalisation limitant la vitesse à 30 km/h entre 22h00 et 06h00 ont été posés le long des deux avenues, dans le but de réduire le bruit à la source. Des radars pédagogiques ont également été intégrés au parcours et mis en service pendant une courte période, afin de sensibiliser les automobilistes au respect de la nouvelle limitation. Parallèlement, des comptages de trafic et des relevés acoustiques ont permis d’établir un panorama clair de la situation avant et après la mise en place de la limitation nocturne des vitesses. Trois campagnes de comptages ont ainsi été réalisées, dont une première avant l’adoption de la mesure et deux autres pendant la phase test, avec et sans radar pédagogique.

Un premier bilan probant

Le bilan de la première phase de l’expérience présente des résultats probants. Alors que les volumes de trafic sont restés globalement stables pendant la période analysée.

Les niveaux sonores moyens de bruit nocturne ont diminué de 2,5 à 3 dB(A) grâce à la réduction des vitesses pratiquées. Cette diminution de bruit est équivalente à celle qui aurait eu lieu si la circulation motorisée était réduite de moitié !

Vinet radar 1Sans surprise, l’un des éléments majeurs mis en évidence lors de la phase test est l’impact des radars pédagogiques sur le comportement des conducteurs, plus enclins à respecter la limitation des vitesses lorsque ces outils d’information sont en service. Les résultats des comptages de trafic et de bruit sont corroborés par les résultats des enquêtes auprès des riverains (en ligne) et des usagers de la route (in situ). Ces enquêtes ont notamment permis de mettre en évidence la part des riverains ayant ressenti les effets positifs de la mesure (50% des riverains), ainsi que l’aptitude des usagers de la route à respecter la limitation de vitesse (60% des usagers). Les riverains restent majoritairement favorables à la mesure, ce qui a d’ailleurs été confirmé lors de la séance de présentation du bilan intermédiaire.

Une expérience qui gagnerait à être répliquée

Prévue jusqu’en 2019, l’expérience pilote sur les avenues de Beaulieu et Vinet s’avère positive à ce stade, d’autant plus que les réductions du bruit routier ont pu être obtenues sans avoir recours à des mesures lourdes (de type pose de revêtement phono-absorbant). Le monitoring de la deuxième étape, y compris avec le réaménagement de l’avenue Vinet, permettra de poursuivre l’expérience et de déterminer de manière structurée et documentée l’efficacité de l’abaissement de la vitesse dans la lutte contre le bruit nocturne. L’expérience serait d’ailleurs la bienvenue sur d’autres axes lausannois et pourquoi pas, plus loin.

Illustrations:

  • Photos : Rue de l’Avenir
  • Planche et plan : Transitec, Lausanne 2017